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Observatoire des oiseaux marins & côtiers

Actualités

Un couple de Goéland d'Audouin présent au Banc d'Arguin

Le 01/12/2020 - 09:00 - 10:00

Le lundi 4 mai 2020, en milieu de matinée, un suivi sur la reproduction de l'Huitrier pie dans la Réserve naturelle du banc d'Arguin m'amène à prospecter un milieu dunaire, situé dans le secteur nord de la réserve. 240 couples de goélands nichent dans ces dunes blanches tapissées en grande partie de Chiendent maritime et d'Oyat. Les 4 principales espèces de goélands observables en France en période de reproduction s'y reproduisent. Une belle journée de printemps s'annonce avec un beau ciel bleu, des températures chaudes et l'absence de bruits parasites liés au confinement (avions, bateaux, etc.). Comme à chaque séance de prospection dans ce secteur, ma présence dérange fortement les goélands nicheurs qui s'envolent à mon approche, me survolent, me menacent et tentent de m'attaquer, le tout sous de retentissant cris sonores et prolongés. L'endroit est vraiment le théâtre d'une activité fiévreuse quand soudain mon attention est attirée par des cris nasillards, rauques, bien différents du tintamarre environnant habituel et provenant du coeur de la colonie. Probablement influencé par le contexte sanitaire actuel je pense immédiatement à " un goéland atteint d'une pneumonie ". Les cris persistant, je tente alors de détecter aux jumelles quel est l'individu qui les émet. A ma grande surprise je constate que l'oiseau en question est de façon certaine un Goéland d'Audoin : taille s'approchant d'un Goéland brun, manteau gris clair, magnifique bec rouge corail avec la pointe noir et pattes gris olive foncées.

L'attitude de cet individu comme de ses congénères m'invite à quitter les lieux.

Je pensais en rester là mais les semaines suivantes à chaque prospection, c'est-à-dire environ 1 fois par semaine, les mêmes cris se font entendre, toujours au même endroit. A mes yeux, pas de doute, l'individu, toujours en vol, paraît bel et bien cantonné et défendre un territoire. Mais, la présence dans ce secteur de plus de 500 goélands qui à mon approche s'envolent et tourbillonnent en poussant leurs cris d'alarmes ne me permet pas de repérer un éventuel nid.

Tout début juin, lors d'un comptage en bateau, je remarque dans le même secteur la présence d'un Goéland d'Audoin posé en haut de plage à quelques dizaines de mètres de la colonie de goélands. Cet individu est porteur d'une bague colorée et gravée d'un code alphanumérique1.

Tout au long de la première quinzaine de juin, au cours de mes séances de prospections à pied de la colonie de goélands, je continue d'observer un Goéland d'Audouin défendant toujours en vol son territoire. Au cours de la même période, j'observe plusieurs fois depuis un navire et toujours dans le même secteur l'individu bagué posé sur le rivage sans que je sache si j'ai affaire à un ou deux individus distincts. Le mardi 16 juin, dénouement du feuilleton, j'aperçois deux Goélands d'Audouin, dont le fameux bagué, qui se livrent à des comportements nuptiaux avec cris et attitudes spécifiques. Magnifique !

Les deux individus seront observés ensemble jusqu'au 30 juillet.

 

1Goéland bagué le 11/06/2018 poussin au nid sur le port de Castellon de la Plana dans la province de Castellon en Espagne.

 

Récit & photo, Matthias Grandpierre, garde technicien de la RNN du Banc d'Arguin / SEPANSO

 

Vers un premier cas de nidification sur notre façade Atlantique !

Bien que les observations réalisées par la SEPANSO ne permettent pas de confirmer la présence de jeunes, il pourrait s'agir du premier cas (nidification probable) de reproduction de cette espèce sur notre façade atlantique

D'après les éléments transmis par Bernard Recorbet (qui suit depuis de nombreuses années cette espèce sur la principale colonie située Corse du Sud), la plus proche colonie (sur le littoral Atlantique) se trouve dans le sud du Portugal. Cette installation récente (quelques années) compte désormais 2 663 couples en 2019 (J.M. Arcos in litt. 2020). Elle semble correspondre au report des colonies présentes en Espagne (Façade Méditerranéenne) qui ont enregistrées un fort déclin ces dernières années (31% entre 2013 et 2017).

En France, l'espèce se reproduit uniquement en Corse avec des effectifs variant de 40 à 60 couples depuis 2012, essentiellement à Ajaccio/Aspretto (suivi DREAL/OFB (ex.ONCFS)/Marine Nationale)

D'après l'expérience de Bernard Recorbet, il n'est pas rare que des individus ayant des comportements territoriaux sur un secteur sans pour autant s'y reproduire, concrétisent l'année suivant leur installation, surtout si des parades sont observées en juin.

On peut espérer revoir ces individus sur le site en 2021...

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